Myopie forte refusée au LASIK : l’option implant phake ICL

« Votre myopie est trop forte pour le LASIK. » Cette annonce surprend beaucoup de patients. Elle ne signifie pas renoncer à se passer de lunettes : l’implant phake ICL (Implantable Collamer Lens) permet aujourd’hui de corriger les myopies sévères jusqu’à -18 dioptries, de façon réversible et sans toucher à la cornée.

Pourquoi le LASIK n’est pas toujours possible

Le LASIK repose sur une sculpture cornéenne au laser excimer : plus la myopie est importante, plus la quantité de tissu cornéen retirée est grande. Au-delà de -8 à -10 dioptries, le stroma résiduel devient insuffisant pour garantir la stabilité biomécanique de la cornée à long terme, avec un risque accru d’ectasie post-LASIK.

D’autres situations écartent le LASIK : pachymétrie faible (< 480-500 µm), topographie suspecte de kératocône fruste, sécheresse oculaire sévère, diamètre pupillaire scotopique important. Dans ces cas, la chirurgie cornéenne n'est pas une option sûre et il faut se tourner vers une chirurgie intraoculaire.

Qui est concerné par l’implant phake ?

L’implant phake ICL EVO s’adresse aux patients qui cumulent plusieurs critères :

  • Âge : l’autorisation de mise sur le marché (AMM) est fixée à 21 ans, mais dans ma pratique je préfère généralement attendre au moins 25 ans pour m’assurer d’une stabilité réfractive solide et limiter le risque d’évolution myopique résiduelle. La limite supérieure dépend ensuite de l’état du cristallin (généralement jusqu’à 45-50 ans, parfois au-delà).
  • Myopie de -3 à -18 dioptries, avec ou sans astigmatisme (jusqu’à -6 D avec la version torique).
  • Stabilité réfractive sur au moins 12 mois.
  • Profondeur de chambre antérieure suffisante (≥ 2,8 mm, idéalement ≥ 3,0 mm pour optimiser la sécurité long terme).
  • Densité cellulaire endothéliale conforme à la grille STAAR âge-dépendante. En pratique, les seuils sont d’autant plus élevés que le patient est jeune : plus de 3 250 cellules/mm² chez les patients de 21 à 25 ans, puis des seuils dégressifs jusqu’à un plancher d’environ 2 000 cellules/mm² après 45 ans. L’objectif clinique est de préserver un capital endothélial suffisant à vie.
  • Absence de glaucome, d’uvéite chronique, de pathologie cornéenne évolutive.

Une étude comparative de Cao et al. (BMC Ophthalmol, 2021) portant sur des myopies fortes retrouve une efficacité et une prédictibilité élevées de l’ICL, avec une récupération visuelle rapide et un profil de sécurité favorable à moyen terme comparé au SMILE. Une méta-analyse plus récente de Kisiel et Gurumurthy (J Cataract Refract Surg, 2024) portant sur la perte endothéliale post-ICL V4c rapporte une diminution cumulée modérée à moyen terme, restant généralement compatible avec un capital endothélial fonctionnel sur la durée — à condition d’une sélection rigoureuse au bilan initial.

Les solutions : l’ICL EVO Visian

L’ICL EVO est une lentille souple en collamer (matériau biocompatible dérivé du collagène) positionnée entre l’iris et le cristallin naturel. Sa version EVO+ intègre un trou central (aquaport) qui facilite la circulation de l’humeur aqueuse et réduit le risque de bloc pupillaire — supprimant la nécessité d’une iridotomie préalable.

L’intervention dure 15 à 20 minutes par œil, en ambulatoire, sous anesthésie topique. L’implant est introduit plié par une micro-incision cornéenne puis se déploie en chambre postérieure. Alonso-Juárez et al. (Clin Ophthalmol, 2022) rapportent chez des patients avec myopie modérée une prédictibilité supérieure à 90 % à ±0,50 dioptrie à 6 mois, avec une vision non corrigée proche de la correction optimale préopératoire.

Les principaux avantages : réversibilité (l’implant peut être retiré ou changé), préservation totale de la cornée, qualité optique élevée même sur fortes dioptries. Les limites à connaître : risque rare de cataracte prématurée (0,5 à 2 % à 10 ans selon les séries), hypertonie post-opératoire transitoire, exceptionnellement endophtalmie (1/3 000 à 1/5 000).

Pour plus d’informations techniques, consultez la page dédiée à l’implant phake ICL EVO.

Le parcours de prise en charge

Le bilan préopératoire spécifique à l’ICL comprend : biométrie optique (calcul taille d’implant), profondeur de chambre antérieure (Scheimpflug ou OCT segment antérieur), mesure blanc-à-blanc, topographie cornéenne, comptage endothélial, examen du fond d’œil dilaté (déchirures périphériques fréquentes en myopie forte).

Je demande également systématiquement une échographie UBM (ultrasound biomicroscopy) du segment antérieur, qui permet de mesurer précisément le diamètre sulcus-à-sulcus et d’affiner le choix de la taille de l’implant. Cet examen, non réalisé directement au cabinet, est adressé à un confrère ophtalmologiste spécialisé en imagerie du segment antérieur. Sa fiabilité est un facteur déterminant pour prévenir un vault trop haut ou trop bas après la pose de l’implant.

Le Dr Tourabaly reçoit au cabinet de Cachan (94) et à Paris 13. L’intervention est réalisée à la Clinique Sainte-Geneviève (Paris 14), sur plateau technique dédié à la chirurgie intraoculaire. La prise en charge est généralement bilatérale : les deux yeux sont opérés successivement, le plus souvent à quelques jours d’intervalle pour limiter l’inconfort lié à l’asymétrie de correction visuelle. Jiang et al. (Asia-Pac J Ophthalmol, 2024) ont comparé les approches bilatérales immédiates et différées, avec des résultats de vault et de sécurité proches dans les deux schémas, orientant le choix selon la situation clinique individuelle.

Pour prendre rendez-vous pour un bilan de faisabilité ICL : cabinet au 01 45 47 08 11 (Cachan) ou directement sur Doctolib.

L’avis du Dr Tourabaly

« Je vois régulièrement des patients très myopes qui pensaient être « condamnés » aux lunettes toute leur vie. L’ICL change leur quotidien, et sa réversibilité est un argument important : si une cataracte se développe des années plus tard, l’implant peut être retiré pendant l’intervention. C’est une option qui préserve l’avenir, à condition de respecter rigoureusement les critères de sélection. »

Questions fréquentes

Dans la majorité des cas, oui. L’ICL est souvent l’alternative proposée aux patients refusés au LASIK pour myopie trop forte, cornée fine ou kératocône fruste. Un bilan de faisabilité spécifique (chambre antérieure, densité cellulaire endothéliale, biométrie) est nécessaire pour confirmer l’éligibilité.

Oui. Contrairement aux chirurgies cornéennes au laser, l’ICL ne modifie pas les tissus : la lentille est positionnée derrière l’iris et peut être retirée ou remplacée. Cette réversibilité est un atout, notamment si une chirurgie de cataracte devient nécessaire plusieurs décennies plus tard.

Le tarif au cabinet du Dr Tourabaly est de 2 800 € par œil pour l’ICL EVO Visian standard. L’ICL torique peut majorer légèrement ce prix. Ce tarif inclut l’implant, l’intervention et les consultations de suivi. La chirurgie réfractive n’est pas remboursée par la Sécurité sociale ; un forfait mutuelle s’applique souvent (200 à 800 € par œil).

L’intervention dure environ 15 à 20 minutes par œil, en ambulatoire, sous anesthésie par collyres. Les deux yeux sont opérés à quelques jours d’intervalle pour sécuriser la récupération. La vision est souvent fonctionnelle dès le lendemain, avec reprise professionnelle à 48-72 heures.

Oui. La version ICL EVO Toric corrige les astigmatismes jusqu’à environ -6 dioptries en complément de la myopie. L’implant est fabriqué sur mesure selon la biométrie et l’axe d’astigmatisme du patient. Son alignement est contrôlé en peropératoire pour optimiser le résultat cylindrique.

Je privilégie généralement une prise en charge bilatérale rapprochée, avec un intervalle de quelques jours entre les deux yeux, ce qui limite l’inconfort lié à l’asymétrie de correction visuelle. Dans des cas particuliers, un intervalle plus long reste possible, selon votre situation professionnelle, votre tolérance et vos préférences. L’approche est discutée lors de la consultation préopératoire.

L’implant est conçu pour rester stable dans le sulcus ciliaire, entre l’iris et le cristallin. Un léger ajustement peut être observé dans les premiers mois (phénomène appelé vault, c’est-à-dire la distance entre l’implant et le cristallin), et son évolution est surveillée lors des consultations de suivi. Une ré-intervention pour repositionnement ou remplacement reste rare mais possible si le vault est significativement en dehors des valeurs cibles.

Bilan de faisabilité ICL avec le Dr Tourabaly

Sources

  1. Cao K, Zhang J, Wang J, et al. Implantable collamer lens versus small incision lenticule extraction for high myopia correction. BMC Ophthalmol. 2021;21(1):450. PMID: 34961514
  2. Alonso-Juárez E, Velázquez-Villoria D. Low Diopter Phakic Implantable Collamer Lens: Refractive and Visual Outcomes. Clin Ophthalmol. 2022;16:2969-2977. PMID: 36081600
  3. Kisiel FB, Gurumurthy GJ. Endothelial cell loss post-implantable collamer lens V4c: meta-analysis. J Cataract Refract Surg. 2024;50(4):420-423. PMID: 38194352
  4. Jiang Y, Chen X, Cheng M, et al. Immediate versus delayed sequential bilateral ICL implantation: A retrospective comparison of vault height and outcomes. Asia-Pac J Ophthalmol (Phila). 2024;13(3):100075. PMID: 38795866

Cet article a visée informative. Un avis ophtalmologique personnalisé reste indispensable pour toute décision thérapeutique.

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